Poésie de Charles coran, 1887· Les familiales A la mémoire De mon vaillant et regrette gendre Léon Godard
XVI. « Jaloux de t’apporter les plus rares lumières »
LE BEAU
Novembre.
Jaloux de t’apporter les plus rares lumières,Pour toi j’ai repoussé les feintes coutumières ;A la splendeur du Vrai je t’allume un flambeau.Je te montre les arts en un cortège auguste,Et comment leur effet s’accorde avec le juste :Vois le Bien reflété dans le miroir du Beau.
Que la beauté, pour toi de l’idéal déduite,Quand triomphe le laid, inspire ta conduite !Acquière, à la sentir, les durables attraits.Le charme qui t’émeut dans les parfaits ouvragesEt qui te mène au Louvre admirer des images,Ayant formé ton goût, passera dans tes traits.
Si j’ai su l’enseigner un culte salutaire,Tu lui devras plus tard d’être un pur caractère,Modèle dans le monde, exemple en ta maison.Plusieurs m’auront blâmé de t’ôter la croyance :De ces fâcheux confonds alors la prévoyance,Prouve par un sens droit que ton père eut raison.
18 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Charles Coran, Paris, LIBRAIRIE DES BIBLIOPHILES, 1887· numérisation archive.org· Sources