Poésie de Charles coran, 1887· Les familiales A la mémoire De mon vaillant et regrette gendre Léon Godard
IX. Le mineur
Avril.
Je t’instruis pour te marier,Dans ton esprit le mien chemine ;J’ai la tâche de l’ouvrierQui descend féconder la mine.
Il creuse ; il extrait un trésorDes entrailles de la nature ;Ainsi j’exploite un filon d’orDans l’âme de ma créature.
Le mineur, sans un lot pour lui,Rapporte aux heureux la richesse,Comme j’apprête aux jours d’autruiLes agréments de ta jeunesse ;
Mais que dit l’homme souterrainRentré pauvre dans sa famille ?Et que dirai-je à mon chagrin,Quand je n’aurai plus là ma fille ?
D. É.
16 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Charles Coran, Paris, LIBRAIRIE DES BIBLIOPHILES, 1887· numérisation archive.org· Sources