Poésie de Charles coran, 1887· Les familiales A la mémoire De mon vaillant et regrette gendre Léon Godard
Quand je n’y serai plus
A chacune de mes filles
Quand je n’y serai plus, garde ce mort inscritBien mieux que sur l’airain dans ton fidèle esprit ;Et dès qu’un trait brillant passera par l’histoire,Évoque en tes propos l’hôte de ta mémoire.Près des belles d’alors éveille, mais tout bas,Mon léger souvenir : qu’il tremble sous leurs pas.Dans ce Louvre, où mes yeux ont courtisé l’albâtre,Rappelle à la Vénus Victrix son idolâtre.Dans les concerts venue entendre du Mozart,Cite un sourd, mélomane en dépit du hasard.Surtout, parle de moi, dans les beaux paysages,A l’écho des rochers, aux retraites sauvages ;Sur les bords où le flot m’a bercé dans le flux,Dis mon nom à la mer quand je n’y serai plus.
D. É.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Charles Coran, Paris, LIBRAIRIE DES BIBLIOPHILES, 1887· numérisation archive.org· Sources