Poésie de Charles coran, 1887· Les familiales A la mémoire De mon vaillant et regrette gendre Léon Godard
Visite a une tombe
Écoutez, je suis là, cendres de ma jeunesse :J’amène notre enfant, tiens, femme, la voici.Ta fille a de sa mère accompli la promesse ;Le bonheur me vient d’elle, ô ma morte, merci !
Si tu pouvais l’entendre, interrogeant mes troubles,De ta raison sereine imiter les discours !Quand un souci m’accable, est-ce toi qui te doubles ?Dans ses bras je te sens m’apporter ton secours.
Faut-il qu’en tes beaux yeux plus rien ne se reflète !Notre vierge est en fleur, tu frémirais d’orgueil. —Quel bouquet à poser sur ton cœur pour ta fête,Au lieu de ces regrets jetés sur ton cercueil !
Cimetière Montmartre, 1861.
12 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Charles Coran, Paris, LIBRAIRIE DES BIBLIOPHILES, 1887· numérisation archive.org· Sources