Poésie de Charles coran, 1887
Galatée
La trouvant si froide et si belle,Combien de fois j’ai dit aux dieux :« Daignez, pour me la laisser telle,La rendre de marbre à mes yeux. »
Amant refroidi par la femmeDont le cœur ne sait rien donner,Je voudrais voir ce corps sans âmeEn pentélique rayonner.
Épris d’une idole d’élite,J’en ferais lentement le tour,N’admirant plus qu’un monolitheEt renonçant à mon amour.
« Femme, deviens ma GalatéeTa forme a droit au piédestal ;Que ton indolence sculptéePose du moins pour l’idéal ! »
Inédit.
16 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Charles Coran, LIBRAIRIE DES BIBLIOPHILES, 1887· numérisation archive.org· Sources