Poésie de Charles coran, 1887
Les lauriers d’Homère
Pour si fou qu’il se donne, est-il un chansonnierSans jamais un essor vers la forme suprême ?Quel rimeur de couplets ne médite un poème :Vingt-quatre chants de gloire et la sienne au dernier ?
Chacun veut son Achille, et moi tout le premier.Entre les beaux projets c’est l’épique qu’on aime.On rêve longs combats, fiers trépas, et moi-mêmeJ’ai des plans, à remplir sous ma table un panier.
Que dis-je, Calliope ! on prend ta lyre, o Muse !On t’invoque, on prélude ; et le plaisant s’amuseA divaguer une heure avec son brin d’esprit.
Ambitieux desseins qu’une antique chimèreNourrit du noble espoir d’aller plus loin qu’Homère,Heureux qui vous conçoit, bien sot qui vous écrit !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Charles Coran, LIBRAIRIE DES BIBLIOPHILES, 1887· numérisation archive.org· Sources