Poésie de Charles coran, 1887
Paradis perdu
Au Paradis j’ai perdu mes entrées.Mon cœur a beau simuler des oublis,L’amer regret des délices cueillisMe vante encor vos fruits, douces contrées.
Y pensez-vous, vieilles amours rentrées ?J’ai pourtant bien cinquante ans accomplis.Au Paradis j’ai perdu mes entrées ;Pour nous plus rien de bon sous ces taillis.
De mes erreurs comme il faut chapitréesPurgeons mon âme en ses moindres replis.Mais quand je passe, ah ! cachez bien vos lis,Détournez-vous, les belles rencontrées ;Au Paradis j’ai perdu mes entrées.
Inédit.
13 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Charles Coran, LIBRAIRIE DES BIBLIOPHILES, 1887· numérisation archive.org· Sources