Poésie de Charles coran, 1887
Paysage
Daignent les délicats me suivre en ce détail :Citadin promeneur, je marche à l’aventureCherchant dans le vallon les effets de nature.J’ai découvert au loin les débris d’un portail.
Devant, un pré s’allonge où broute le bétail ;Mais à mon goût formé par la docte peinture,Sous l’orme du pacage il manque une figure.J’y cours, et je m’étends sur le rustique émail.
De ma place la vue est terne et dégarnie ;Qu’importe ! ici du moins j’ajoute à l’harmonie,J’apprête à d’autres yeux un plus frappant tableau ;
Le site avec plus d’art par mes soins se compose.Vienne un peintre où j’étais là-bas : pour lui je pose,Ravi d’être modèle au service du Beau.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Charles Coran, LIBRAIRIE DES BIBLIOPHILES, 1887· numérisation archive.org· Sources