Poésie de Charles coran, 1887· De 1850 a 1854
Royat
A moi, Auvergne, ce sont les ennemisD’Assas.
L’air du printemps rend l’amour batailleur.Sous ce pillard, engagé tirailleur,J’ai bravement payé de ma personne ;Puis, l’été vient, et la retraite sonne :Adieu, Paris ; je me sauve à RoyatPrendre les eaux sous le ciel auvergnat.Des coups de feu faut-il pas se remettre ? —A mon docteur j’obéis à la lettre :Deux bains par jour et la vertu d’un saint.Je lis Pascal sur un volcan éteint ;Après dîner, sur l’échiquier je joue ;La nuit, je dors, et ma santé s’en loue.Mais quoi ! point d’eaux sans nymphes à l’entour :J’en rencontre une au pastel, vrai Latour ;Ses yeux guerriers, armés de flèches noires,Vont me férir. — Gagnons tôt les baignoires,Ou de Royat l’effet est compromis.« Auvergne, à moi, ce sont les ennemis ! »
18 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Charles Coran, LIBRAIRIE DES BIBLIOPHILES, 1887· numérisation archive.org· Sources