Poésie de Charles coran, 1887· De 1850 a 1854
Satiété
Je suis jaloux de vous, pâtres de la Chaldée— Ma Ninon, qui m’entend, s’émerveille et dit : Bis !Comment, monsieur, ta canne où pétille un rubisConduirait des moutons’ quelle amusante idée !
— Je m’y tiens cependant, maîtresse pommadée.Plus de lunchs ! oh ! mais donne à ma faim le pain bis !Oh ! de grâce, à ma soif le lait pur des brebis,Et les libres hauteurs à ma franche coudée !
« J’irais vers le soleil, sur le dernier plateau,Attendre les grands soirs, couché dans mon manteau.Me vois-tu contemplant ces splendeurs toujours nettes ?
« Pâtre sollicité par des globes sans nom,Je serais astronome. — Et monsieur, dit Ninon,Aurait son pince-nez pour lorgner les planètes. »
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Charles Coran, LIBRAIRIE DES BIBLIOPHILES, 1887· numérisation archive.org· Sources