Poésie de Charles coran, 1887· De 1855 a 1857
Soupons, chantons. aimons !
Soupons, chantons, aimons ! — il court le sanglier.« Chut ! dit-elle, écoutons !… C’est mon sieur, mon pauvre ange,Il revient ; mets-toi là. S’il te trouve, il se venge. »Je disparais. — J’entends l’époux sur le palier.
Il entre, et d’un ton froid : « Quel repas singulier ! »Madame a l’à-propos : « Que trouvez-vous d’étrange ?Ces apprêts sont pour vous, cher ami. » Tout s’arrange.Sous l’arme du chasseur vibre le râtelier.
Bruyamment le mari soupe ; après le Champagne,Il chante, sa moitié sur la harpe accompagne ;Puis la musique cesse, on s’assied près du feu.
Monsieur réclame un droit que la prudence accorde ;L’amant est dans l’étui de l’instrument à corde :On soupe, on chante, on aime ; — et j’étouffe à ce jeu.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Charles Coran, LIBRAIRIE DES BIBLIOPHILES, 1887· numérisation archive.org· Sources