Poésie de Charles coran, 1887· De 1850 a 1854
Sylphide
Toi que partout toujours je suis où va ton gré,Ma dame, dis pourquoi j’admire, où tu les poses,Qu’à peine si tes pieds laissent ta trace aux choses,Que ce soit dans la neige ou le sable ou le pré.
Tels les Dieux sur le vert de leur vallon sacré.Tiens, je t’offre, ô ma dame, un pari : si tu l’oses,Marche sur des rosiers, et gageons que les rosesAvivent leur fraîcheur sous ton pas adoré.
Si bien que mon amour se perd en conjectures :Femme et déesse, as-tu le don de deux natures ?Étant Ninon sur terre, es-tu Venus aux cieux ?
Là-haut tes pieds, mon cœur, foulaient-ils pas la nue,Avant que de chausser leur élégance nuePour conduire à ton gré ma vie en ces bas lieux ?
Inédit.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Charles Coran, LIBRAIRIE DES BIBLIOPHILES, 1887· numérisation archive.org· Sources