Poésies de Charles coran, 1887
A gros-jean
Gros-Jean, la nature est ta ménagère ;Elle aide son homme à gagner des sous.Ensemble, élevez les ruminants roux,Arrosez, chacun, l’herbe potagère.
Pour moi la campagne est une étrangèreQui m’attire où l’ombre offre un sentier doux.Je l’adore une heure, et le rendez-vousFinit volontiers sur de la fougère.
A toi tout le fruit ! Rentre dans tes fraisDe bonne semence et de riche engrais.Pourtant de ton bien j’ai la part heureuse :
Épris de la terre en joli garçon,Je lui prends sa fleur au pied d’un buisson. —Maître Jean, ta femme est mon amoureuse.
Inédit.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Charles Coran, Paris, LIBRAIRIE DES BIBLIOPHILES, 1887· numérisation archive.org· Sources