Poésies de Charles coran, 1887
A propos de la planète Leverrier
A ma Dame
Que sont mes lauriers de poète ?T’en couronner, ma clame, est un honneur douteux ;Mieux vaut, pour te l’offrir, chercher une planète. —Je pars ; suis mon vol de tes vœux.
Au bleu profond jetons la sonde ;Fouillons l’immense éther. — Céleste aventurier,J’ai trouvé, je reviens, j’apporte un nouveau monde :Tiens ! ne parlons plus de laurier.
Comme un César, femme que j’aime,Sur un globe conquis pose ton bras charmant :Ou dans ta chevelure, au lieu d’un diadème,Montre un astre du firmament.
O dispensateur astronome !Quand les flambeaux de l’air portent les noms des dieux,Que ma planète à moi d’un nom mortel se nomme :Maîtresse, règne dans les cieux !
Je rêvais, pardon, ma chère âme ;C’est toi le feu divin qui me leurre en ces vers :J’ai pris pour une étoile un regard de ma dame,Et tes grands yeux pour l’univers.
20 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Charles Coran, Paris, LIBRAIRIE DES BIBLIOPHILES, 1887· numérisation archive.org· Sources