Poésies de Charles coran, 1887
A un usufruitier
A ton avoir si tu n’as rienEn femmes, en chefs-d’œuvre, en terres,Du moins sais-tu rendre un peu tienLe bonheur des propriétaires.
Tel parvenu croit du bel airD’entretenir les baladines ;Il se bouffit de payer cherCe qu’on accorde à tes pralines.
Il te fait voir, dans son hôtel,La collection qui le blase.Des tableaux signés RaphaëlQu’a-t-il ?le cadre ; à toi l’extase.
Il acquiert un bien-fonds, exprèsPour s’appeler comme un domaineDont te revient l’ombre et le frais :Car lui jamais ne s’y promène.
— En toutes choses la BeautéFraude l’orgueilleux qui l’achète,Et ne donne la voluptéQu’à son favori le poète.
20 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Charles Coran, Paris, LIBRAIRIE DES BIBLIOPHILES, 1887· numérisation archive.org· Sources