Poésies de Charles coran, 1887
Le premier baiser
Nous valsons ensemble, accordant nos pas ;A quoi pensons-nous en ne parlant pas ? —Sous l’or des colliers, cette chair d’ivoireDu beau Parthénon me rend la mémoire ;Les yeux sur ce sein, je pense ébloui :Serait-ce Athéné ? L’effet répond oui.Comment en juger ? Valseur, je me penche ;Touchons, pour savoir, son épaule blanche.Entre les bijoux je risque un baiser…J’ai 1res bien senti mes lèvres glisser.Jamais femme, hélas ! n’eut la peau si fine.— Dites, ô beauté chryséléphantine,Seriez-vous Minerve exposant au balSa virginité d’ivoire et métal ?Non, la peau rosit, la gorge palpite :Je sens dans mes bras Vénus Aphrodite.
Inédit
16 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Charles Coran, Paris, LIBRAIRIE DES BIBLIOPHILES, 1887· numérisation archive.org· Sources