Réglages

Mémorisé dans ce navigateur.

Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Poésies de Charles coran, 1887

Lustrations

Charles Coran· 30 vers

Raffinons nos plaisirs, l’amour et l’art surtout,Par des lustrations salutaires au goût.

Avant l’heure où ma dame, en nocturne costume,Ma dame et les combats m’attendent sur la plume,Lutteur impatient, mais aux apprêts formé,Je me plonge d’abord dans un bain parfumé ;Et de là, plus adroit, vers l’amoureuse arèneJe m’élance, et plus vif le sang court en ma veine.Oh ! qu’alors il m’est doux, assoupli par les eaux,D’essayer mon courage entre tes bras rivaux,Maîtresse ! et que bien mieux ma mouvante narineDécouvre quel bouquet a fleuri ta poitrine,Lorsqu’attirant ma bouche avide sur ton cœur,Tes doigts cerclés d’anneaux caressent leur vainqueur !

Baignons la volupté dans les ondes lustrales.— Trempons l’instinct de l’art aux sources magistrales.

Pour mieux goûter le beau, j’ai pu quitter Paris,Mon séjour préféré mais pas assez compris,Et j’ai vu l’Italie, et dans Florence et RomeCes monuments fameux qui m’appelaient, jeune homme.Puis je reviens au gîte, ayant bien profité.Quel orgueil m’attendait dans ma chère cité !Je m’arrête ébloui devant l’Hôtel de ville :La pierre a revêtu l’ordonnance et le style ;Je contemple ; et pourtant le jour de mon départJe passais dédaigneux. Mais j’ai pris le bain d’art ;Et, saluant du front le palais à tes armes,Paris, ô mon berceau, j’admire enfin tes charmes.

— Par des lustrations salutaires au goût,Raffinons nos plaisirs, l’amour et l’art surtout.

30 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Charles Coran, Paris, LIBRAIRIE DES BIBLIOPHILES, 1887· numérisation archive.org· Sources