Poésies de Charles coran, 1887
Scène de parc
Que j’aime à voir le lierre, en guirlande incrusté,Verdir le piédestal d’une divinité !
Devant une statuePresque nue,Oubliée à l’écart dans le Grand Trianon,Deux sots se lamentaient de la trouver sans nom ;Mais ils se gardaient bien de remarquer ses grâces.— Arrivent deux amants qui causaient à voix basses :Car ce vieux Trianon attire encor parfoisLes soupirs des amours comme au temps de ses rois.Près du socle, passant derrière la déesse,Le jeune homme idolâtre arrêta sa maîtresse.« Ma chère, lui dit-il, regarde, te voici ! »La belle dame ailleurs se montrait-elle ainsi ?Pour réplique, un baiser tint la chose secrète.Et déjà leurs propos, avides de retraite,Se dérobaient lascifsSous les ifs.
— Eux, les sots, arrachaient la guirlande de lierreEt lisaient : Callipyge — ô bonheur ! — sur la pierre.
20 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Charles Coran, Paris, LIBRAIRIE DES BIBLIOPHILES, 1887· numérisation archive.org· Sources