Poésies de Charles coran, 1887
A une dame virtuose
Qu’un autre, se rêvant sur un haut promontoire,Soit harpe éolienne, et que là ses concertsImitent sous le vent les bruits de l’univers ;Au choc des ouragans vibrer devient sa gloire.
Qu’il rende en ses frissons les voix d’une nuit noire ;Qu’il rappelle en fracas le grand courroux des mers ;Qu’il gronde avec la foudre au milieu des éclairs !Les aigles dans le ciel lui font un auditoire.
A lui, fier instrument, l’énorme voluptéDe s’épandre au-dessus de notre humanité.— Madame, un peu moins haut j’ai fixé mon délire :
Dans le petit hôtel où vous coulez les jours,Rimeur, qui ne sais rien que les soupirs d’amours,Sous vos doigts adorés je voudrais être lyre.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Charles Coran, Paris, LIBRAIRIE DES BIBLIOPHILES, 1887· numérisation archive.org· Sources