Poésies de Charles coran, 1887
Michel-ange
J’ai lu sur Michel-Ange un trait où le ToscanEst admirable à voir sortir du Vatican.Il venait d’achever sa Bible à la Sixtine ;Après plus de trois ans d’une dure routine,Las de peindre en plafond, il quitta ces lieux hauts.Mais, resté l’homme fait au sol des échafauds,Il marchait incertain et, distrait de sa route,Le front levé, semblait chercher Dieu dans la voûte.— Cette attitude étrange exprime avec grandeurLe colosse égaré hors de sa profondeur.Voyez-vous quel instinct ! Le vieil aigle sublimeCroyait avoir laissé son nid sur une cime ;Ses pas ne savaient plus fouler Rome, et ses yeux,Par la fresque attirés, le rappelaient aux cieux.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Charles Coran, Paris, LIBRAIRIE DES BIBLIOPHILES, 1887· numérisation archive.org· Sources