Poésies de Charles coran, 1887
Nymphée
A une Dame
J’allais vous comparer à vos lis, dont l’odeurEmbaume ce jardin. Non, c’est une fadeur.Éloquente beauté, soyez plutôt l’amphoreAussi blanche que vous, dont la lèvre sonore,En versant l’eau sur l’herbe agite ce gazonD’un tremblement qui sied à ma comparaison : —Quand sur le tapis vert je vous écoute dire,Tenu par vos propos sous le charme, j’admireLe cours mélodieux de leur limpiditéRappelant à son tour l’albâtre d’à côté ;Et souffrez que l’image en ceci me ressemble :Sous l’onde qui s’épand, je suis l’herbe qui tremble.
12 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Charles Coran, Paris, LIBRAIRIE DES BIBLIOPHILES, 1887· numérisation archive.org· Sources