Poésies, 1896· Sonnets philosophiques
Dédicace
Ami, j'ai dans le champ‖ sans fin de vos pensées,Tout en rêvant, choisi‖ quelques sauvages fleurs,Pour leurs ardents parfums‖ et leurs vives couleurs,Et les ai dans mes vers‖ côte à côte enchâssées.
Hélas ! mes durs sonnets‖ les tiennent oppressées ;Elles perdent en eux‖ leur sève et leurs senteurs,Elles qui, dispersant‖ leurs souffles enchanteurs,Ondulaient librement‖ par le vent balancées.
Je vous fais don pourtant‖ de leur bouquet pâli ;Vous y reconnaîtrez‖ le reflet affaibliDes amples floraisons‖ écloses dans votre âme.
Et vous saurez aussi‖ que mon cœur enivré,Épuisant dans leur sein‖ leur arome de flamme,Bat plus calme et plus fort‖ pour l'avoir aspiré.
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 2 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a pensées / enchâssées féminine, classiqueb fleurs / couleurs masculine, classiquea oppressées / balancées féminine, classiqueb senteurs / enchanteurs masculine, classiquea pâli / affaibli masculine, classiqueb âme / flamme féminine, classiquea enivré / aspiré masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.4· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après poésies, PARIS, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1986· numérisation Project Gutenberg· Sources