Poésies, 1896· Sonnets philosophiques
XVII. Les races de l’avenir
Puisque nous sommes vieux,‖ très vieux, et que nos veinesRoulent un sang troublé‖ par d'antiques douleurs,Et puisque nos enfants,‖ héritiers de nos pleurs,Naîtront pour s'irriter‖ en des angoisses vaines,
Accourez donc, des bois,‖ des îles et des plaines,O peuples dont le front‖ ignore nos pâleurs,Sauvages, qui vivez‖ comme vivent les fleurs,Aux vents libres et purs‖ emmêlant vos haleines !
Hommes au teint de cuivre‖ et d'ébène, venez !Rouvrez donc l'avenir‖ à ces infortunésA qui nous léguerons‖ demain nos défaillances.
Ah ! rendez à nos fils‖ la sève d'autrefois,Pour qu'à notre savoir‖ ajoutant vos vaillances,Votre rire puissant‖ éclate dans leurs voix.
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 2 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a veines / vaines féminine, classiqueb douleurs / pleurs masculine, classiquea plaines / haleines féminine, classiqueb pâleurs / fleurs masculine, classiquea venez / infortunés masculine, classiqueb défaillances / vaillances féminine, classiquea d'autrefois / voix masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.4· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après poésies, PARIS, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1986· numérisation Project Gutenberg· Sources