Poésies, 1896· Sonnets philosophiques
XXI. La fin d’un monde
Parfois, lorsque je songe‖ aux sombres destinéesQui sont nôtres, mon cœur‖ ému se glace en moi,Car c'est un sort étrange,‖ amer et plein d'effroiCelui que subit l'homme‖ en ses courtes années.
Vers un but inconnu‖ ses forces détournéesN'obéissent jamais‖ un instant à sa loi ;Il souffre, pleure et lutte,‖ et ne sait pas pourquoi,Car il voit au néant‖ ses œuvres condamnées.
Si la terre demain‖ s'arrêtait dans son cours,C'en serait fait de l'être‖ et du temps et des jours.Un seul choc !… et soudain‖ tout redeviendrait flamme.
Où donc seraient alors‖ la gloire, le progrès,Le renom du guerrier,‖ la beauté de la femme ?Pourquoi tant espérer‖ s'il n'est plus rien après ?
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 2 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a destinées / années féminine, classiqueb moi / d'effroi masculine, classiquea détournées / condamnées féminine, classiqueb loi / pourquoi masculine, classiquea cours / jours masculine, classiqueb flamme / femme féminine, classiquea progrès / après masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.6· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après poésies, PARIS, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1986· numérisation Project Gutenberg· Sources