Poésies, 1896· Sonnets philosophiques
XIX. Le but final
Pour qui travaillons-nous,‖ ouvriers sans salaire ?Ah ! le savoir au moins,‖ ce serait bon, pourtant !Voir le but, quel qu'il soit,‖ rendrait enfin contentLe cœur humain, gonflé‖ d'espoir et de colère.
Si tout n'est pas perdu‖ de l'œuvre séculaire,Nous lutterons encor,‖ jour à jour, en chantant,Pour porter jusqu'aux cieux‖ l'édifice éclatantDu progrès éternel,‖ que le temps accélère.
Hélas ! le besoin vil‖ d'apaiser notre faim,La lutte pour la vie,‖ est la suprême finVers qui tend tout l'effort‖ de nos âmes hautaines.
L'esprit subtil y va‖ par des chemins divers,Et, malgré la fierté‖ des visions lointaines,Nos douleurs sont sans fruit‖ pour l'immense univers.
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 2 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a salaire / colère féminine, classiqueb pourtant / content masculine, classiquea séculaire / accélère féminine, classiqueb chantant / éclatant masculine, classiquea faim / fin masculine, classiqueb hautaines / lointaines féminine, classiquea divers / univers masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 3.1· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après poésies, PARIS, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1986· numérisation Project Gutenberg· Sources