Poésies, 1896· Sonnets philosophiques
XVIII. Les pyramides
Quand l'Égypte éleva‖ ses hautes Pyramides,Son orgueil a dressé,‖ vers la face des cieux,Au néant, le défi‖ le plus audacieuxQui jamais ait surgi‖ de nos âmes timides.
Quand seront condensés‖ les éléments humidesSur notre globe éteint,‖ froid et silencieux,Ces monuments hardis‖ d'un rêve spécieuxSurvivront seuls, debout‖ dans les déserts numides.
Or ils furent construits‖ en l'honneur de la Mort.C'est un suprême instinct‖ qui dicta cet effort :La Mort transforme, crée,‖ et n'a point d'épouvante.
Chaque temple verra‖ s'obscurcir son flambeau,Car tous les dieux mourront…‖ La Mort seule est vivante,Et ce qui doit rester‖ sur terre est un tombeau.
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 2 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a Pyramides / timides féminine, classiqueb cieux / audacieux masculine, classiquea humides / numides féminine, classiqueb silencieux / spécieux masculine, classiquea Mort / effort masculine, classiqueb d'épouvante / vivante féminine, classiquea flambeau / tombeau masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.6· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après poésies, PARIS, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1986· numérisation Project Gutenberg· Sources