Œuvres d’Horace, 1796· Livre Iii
ODE XXV. À bacchus
Où m’entraînes-tu, Dieu terrible ?Rempli de ta divinité,Sur quel rocher inaccessiblePar toi me verrai-je porté ?Quel antre, quel bois va redireLe nom du maître de l’empire,Qui s’assied au conseil des Dieux ?Mes chants étonnent le Parnasse,Mes chants lui marquent une placeParmi les astres radieux.
Dans mon poétique délire,Affranchi des communes lois,J’aime la sombre horreur qu’inspireLe vaste silence des bois :Telle la Thyade éperdue,Sur la roche qui fend la nue,Parcourt d’un œil épouvantéLes neiges qui couvrent la Thrace,Et l’Hémus couronné de glace,Par les barbares habité.
Dieu de la Bacchante indomptable,Par qui, dans ses transports fougueux,Elle peut d’un bras redoutableArracher les pins orgueilleux,Viens, je te suis, rien ne m’étonne.O toi, dont le front se couronneDe lauriers et de pampres verts,Aucun péril ne m’épouvante,Bacchus, le héros que je chante,Est immortel comme mes vers.
30 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres d’Horace, Paris, Levrault, Schoell et Cie, 1804· numérisation espace-horace.org· Sources