Œuvres d’Horace, 1796· Livre Ii
ODE VIII. À barine
Je me fierais à toi, Lydie,Si le crime était moins heureux,Qu’on vît à chaque perfidieBlanchir un seul de tes cheveux ;Mais dès que ta bouche infidèleA prononcé de faux serments,Tu n’en es, hélas ! que plus bellePour charmer de nouveaux amants.
Atteste le Dieu du tonnerre,Les pâles flambeaux de la nuit,Trahis les cendres de ta mère :Vénus au parjure applaudit,Et la nymphe trop indulgenteEn rit avec ce jeune enfant,Qui sur une meule sanglanteAiguise un javelot brûlant.
Chaque jour de nouveaux esclavesA tes chaînes viennent s’offrir ;Tu retiens pourtant et tu bravesCeux qui juraient de s’affranchir.On voit, à l’aspect de tes charmes,Trembler nos avares vieillards,Et la jeune épouse en alarmesPour son époux craint tes regards.
24 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres d’Horace, Paris, Levrault, Schoell et Cie, 1804· numérisation espace-horace.org· Sources