Œuvres d’Horace, 1796· Livre Ii
ODE IX. À Valgius,
SUR LA MORT DE SON FILS
Les orages toujours n’inondent pas les plaines ;Les fougueux aquilons par leurs bonds inégauxN’agitent pas toujours les ondes Caspiennes ;Des glaçons éternels n’affligent pas ChorzènesL’orme n’est pas toujours dépouillé de rameaux,Et sans cesse des vents les bruyantes haleines,Au sommet du Gargan, ne battent pas les chênes :
Mais vous, cher Valgius, plongé dans les douleurs,Vous donnez à Mysté des larmes inutiles :Vénus, vous voit le soir déplorer vos malheurs ;Vénus à son retour, vous trouve dans les pleurs.Nestor, privé d’un fils, tarit des pleurs stériles,Et Troïle, en tombant sous le fer des vainqueurs,A d’éternels regrets ne livra point ses sœurs.
Retenez, retenez des larmes trop amères ;De César avec moi célébrez les travaux :Jusqu’au pied du Niphate il porte nos frontières ;Le Tigre voit enfin ses ondes prisonnièresEt moins insolemment roule aujourd’hui ses flots ;César, que tout redoute, a marqué des barrièresQue respecte le Scythe en ses courses guerrières.
21 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres d’Horace, Paris, Levrault, Schoell et Cie, 1804· numérisation espace-horace.org· Sources