Œuvres d’Horace, 1796· LIVRE Ier
ODE VIII. À Clycère
Au nom de tous les Dieux, pourquoi, jeune Clycère,Veux-tu de ton amant la honte et le malheur ?Pourquoi, loin de braver une noble poussière,Fuit-il le champ de Mars ouvert à sa valeur ?
Nous ne le voyons plus, parmi ceux de son âge,Soumettre aux lois du frein l’indocile coursier.Que n’ose-t-il du Tibre affronter le rivage,Ou se montrer aux yeux dans l’appareil guerrier ?
Il semble redouter, comme un poison funeste,L’huile de nos lutteurs. Pourquoi ses bras nerveuxNe sont-ils plus brunis par le disque ou le ceste,Lui dont le javelot a vaincu dans nos jeux ?
Il se cache ; et pourquoi ? Pour imiter Achille,Qui, trompant les destins sous de honteux habits,D’une mère craintive esclave trop docile,Semblait fuir les lauriers à ses armes promis.
16 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres d’Horace, Paris, Levrault, Schoell et Cie, 1804· numérisation espace-horace.org· Sources