Œuvres d’Horace, 1796· Livre Iii
ODE XV. À la vieille Chloris
Chloris, épouse surannéeDu trop malheureux Ibicus,Modère une ardeur effrénée,Renonce au culte de Vénus.
Le tombeau, voilà ton partage :Fuis la jeunesse, fuis les jeux,Et ne mêle pas un nuageParmi des astres radieux.
Ta fille peut avec ivresseSuivre ses folâtres amants ;Mais ce qui sied à sa jeunesseNe sied pas à tes cheveux blancs.
Qu’elle aille, bacchante hardie,Parcourir les monts et les bois,Ou briser la porte ennemie,Qui ne s’ouvre plus à sa voix.
Pour toi, de myrtes couronnéeNe vide plus nos vieux tonneaux :Brise ta lyre abandonnée ;L’amour te condamne aux fuseaux.
20 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres d’Horace, Paris, Levrault, Schoell et Cie, 1804· numérisation espace-horace.org· Sources