Œuvres d’Horace, 1796· LIVRE Ier
ODE XIII. À Lydie
Quand je t’entends louer, Lydie,Les traits d’Hylas et ses beaux yeux,Le levain de la jalousieS’élève en mon cœur furieux.
Ma raison s’égare et chancelleMon teint paraît plus animé,Et mon trouble secret décèleLe feu dont je suis consumé.
Je frémis de penser qu’il oseMeurtrir tes charmes ravissants,Et sur une bouche de roseImprimer des baisers brûlants.
Ne crois pas fixer, ô Lydie,Cet amant qui dans sa fureurMêle du fiel à l’ambroisieDont il s’enivre sur ton cœur.
Heureux qui, dans sa douce ivresse,Exempt de tout jaloux transport,Entre les bras de sa maîtresse,Sans y penser attend la mort !
20 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres d’Horace, Paris, Levrault, Schoell et Cie, 1804· numérisation espace-horace.org· Sources