Œuvres d’Horace, 1796· LIVRE Ier
ODE XIV. Au vaisseau de la république
Où vas-tu cher Vaisseau ? quel orage t’entraîne ?Veux-tu des flots encore affronter les fureurs ?Ah ! plutôt dans le port que ton ancre t’enchaîne.Ne vois-tu pas tes bancs dégarnis de rameurs ?Vois-tu contre tes mâts les autans qui frémissent ?Tes cordages rompus, tes antennes gémissent.Tu ne peux résister aux vents impétueux ;Tu ne peux déployer qu’une voile inutile,Et tu n’as plus de Dieux vers qui ta voix débile,Dans un si grand danger, puisse porter tes vœux.
Issu de ces vieux pins dont le faîte domineDu royaume de Pont les rivages fameux,Tu vanteras en vain cette illustre origine :Tremble d’être battu par les vents furieux.Tous ces Dieux dont ta poupe en vain porte l’imageNe rassureront point, au milieu de l’orage,Ton pilote à l’œil sombre et tes pâles nochers.O toi qui dès longtemps fais ma sollicitude,Objet de mes regrets, de mon inquiétude,Des Cyclades surtout évite les rochers.
20 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres d’Horace, Paris, Levrault, Schoell et Cie, 1804· numérisation espace-horace.org· Sources