Œuvres d’Horace, 1796· Livre Iii
ODE VIII. À mécène
A la fête que Mars pour les époux ramèneVous êtes étonné, cher et savant Mécène,De voir chez moi ces fleurs, ce vase plein d’encens,Et ces feux allumés sur des gazons naissants,Chez moi, qui de l’hymen ne porte point la chaîne.
Préservé par Bacchus de la chute d’un pin,Je promis à ce Dieu, dans ma reconnaissance,D’immoler un chevreau, de faire un doux festin.Par ce jour favorable aujourd’hui l’an commence :Il faut faire sauter les bouchons de ce vinQue sous le vieux Tullus a cacheté ma main.
Cher Mécène, cent fois remplissez votre verre ;Que ces brillants flambeaux nous rendent la lumière ;Pour votre ami sauvé, buvez jusqu’au matin :Loin d’ici le tumulte et surtout la colère.
Oubliez un instant des soins trop sérieux.Cotison est tombé sous les armes romaines :Les Mèdes redoutés ne se battent qu’entre eux :Notre vieil ennemi, l’Ibère, est dans nos chaînes,Et, leur arc détendu, les Scythes insolents,En demandant la paix, s’éloignent de nos champs.
Devenez cette nuit un citoyen vulgaire,De vos soins pour l’état sachez vous affranchir ;Éloignez les soucis, la contrainte sévère,Et saisissez gaîment un instant de plaisir.
25 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres d’Horace, Paris, Levrault, Schoell et Cie, 1804· numérisation espace-horace.org· Sources