Œuvres d’Horace, 1796· Livre Iii
ODE IX. Dialogue d’Horace et de Lydie
Horace
Quand j’étais aimé de Lydie,Quand, plus heureux que mes rivaux,Je pressais dans mes bras une amante chérie,Les rois n’étaient pas mes égaux.
Lydie
Quand Lydie à Chloé n’était point immolée,Quand elle avait tout votre cœur,De gloire et de plaisirs votre amante combléeN’eût pas de Vénus même envié le bonheur.
Horace
Chloé règne à présent sur mon âme ravie,Et son luth et sa voix me charment tour à tour ;Sans regret je perdrai le jourSi les Dieux épargnent sa vie.
Lydie
Calaïs aujourd’hui brûle pour sa Lydie,Et du beau Calaïs je partage l’amour ;Ah ! pour lui conserver le jourJe donnerais plus que ma vie.
Horace
Mais si Chloé perdait tous ses droits sur mon cœur,Si Vénus rallumait notre flamme passée,Si j’allais à vos pieds, expiant mon erreur,Redemander mes fers à Lydie offensée…
Lydie
Calaïs est charmant ; mais je subis mon sort :Ingrat, tu verras ta Lydie,Auprès de toi chérir la vie,Et dans tes bras bénir la mort.
24 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres d’Horace, Paris, Levrault, Schoell et Cie, 1804· numérisation espace-horace.org· Sources