Œuvres d’Horace, 1796· Épodes
ODE XIV. À mécène
Quoi ! cher Mécène, quoi ! sans cesseTu veux à mon cœur amolliReprocher sa longue paresse,Comme si du fleuve d’oubliJ’avais bu l’onde enchanteresse ?
Un Dieu tyran de mes esprits,Un Dieu dont le feu me dévore,Cher Mécène, n’a pas permisQue ma muse polît encoreLes vers qu’elle t’avait promis.
Non, jamais l’amant de BathylleNe brûla d’aussi tendres feux,Lui, dont le luth voluptueuxChanta sur un ton si facileLes peines d’un cœur amoureux.
Toi-même une pareille flammeT’a privé de ta liberté ;L’amante qui règne en ton âmePourrait éclipser la beautéQui fut si fatale à Pergame.
En jouissant de ton bonheur,Excuse en moi la même erreur :J’aime aussi, j’aime Glycérie,Qui n’est, hélas ! qu’une affranchieEt veut plus d’un adorateur.
25 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres d’Horace, Paris, Levrault, Schoell et Cie, 1804· numérisation espace-horace.org· Sources