Œuvres d’Horace, 1796· Livre IV
ODE III. À Melpomène
Celui que tu vis naître avec un œil propiceN’ira point, Melpomène, au milieu de la lice,Conquérir des lauriers ;On ne le verra point, guidant un char rapide,Ramener en vainqueur des plaines de l’ÉlideSes dociles coursiers ;
Mars ne le verra point monter au Capitole,Après avoir puni la menace frivoleDes rois présomptueux :Mais plutôt, de Tibur cherchant les doux ombrages,Il fera retentir ses aimables rivagesDe chants mélodieux.
Rome, parmi les chœurs des fils de l’harmonie,Rome a marqué ma place, et déjà de l’envieJe méprise les coups.Aux muets habitants de l’empire liquideTu peux donner du cygne, aimable Piéride,Les accents les plus doux.
Tu daignes accorder ma lyre enchanteresse,Et je vois sur mes pas la foule qui se pressePour contempler mes traits.Le premier des Latins, je maniai la lyre ;Si je vis pour la gloire et si Rome m’admire,Ce sont là tes bienfaits.
24 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres d’Horace, Paris, Levrault, Schoell et Cie, 1804· numérisation espace-horace.org· Sources