Œuvres d’Horace, 1796· LIVRE Ier
ODE X. À mercure
Neveu d’Atlas, divin Mercure,Quand les hommes sortaient des mains de la nature,Tu polis leur rudesse et les rendis heureuxPar les beaux arts et l’éloquence.O père de la lyre, ô messager des Dieux,Qui sais du vieil Argus tromper la vigilance,Je t’adresse, en ce jour, et mes chants et mes vœux.
Quand, devenu berger, le beau Dieu du PermesseTe demandait ses bœufs dérobés en jouant,Et croyait de ses traits effrayer un enfant,Il se vit sans carquois, et rit de ton adresse.C’est par toi que chargé d’une immense richesse,Priam, pour racheter les restes de son fils,Au milieu des feux ennemisTraversa le camp de la Grèce.
C’est toi qui dans des lieux chérisAmènes les pieuses ombresQue d’un sceptre d’or tu conduis,Également aimé dans les demeures sombresEt sous les célestes lambris.
20 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres d’Horace, Paris, Levrault, Schoell et Cie, 1804· numérisation espace-horace.org· Sources