Œuvres d’Horace, 1796· LIVRE Ier
ODE XXXVI. À Plotius numide
Que l’encens, que des chants joyeux,Que le sang d’un agneau timide,Nous acquittent envers les Dieux :Du fond de l’Hespérie ils ramènent Numide.
Il presse dans ses bras ses plus tendres amis.A Lamia surtout il prouve sa constance ;Il n’a point oublié, malgré sa longue absence,Qu’au même gouverneur tous deux furent soumis,Qu’ensemble ils ont quitté la robe de l’enfance.
Marquons, marquons ce jour parmi les jours heureux.Que le nectar coule à flots écumeux :Dansons pour célébrer la fête :Qu’à longs traits Damalis avale un vin fumeux,Et que Bassus lui tienne tête.
Esclaves, apportez les lauriers et les lys,Et la rose qui passe avec tant de vitesse.Tous les regards, remplis d’ivresse,Se tourneront vers Damalis.
Mais elle, que l’amour enchaîneAuprès de son nouvel amant,L’embrassera plus ardemmentQue le lierre aux cent mains ne ceint le tronc d’un chêne.
22 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres d’Horace, Paris, Levrault, Schoell et Cie, 1804· numérisation espace-horace.org· Sources