Œuvres d’Horace, 1796· LIVRE Ier
ODE V. À Pyrrha
Quel est ce jeune amant à la tresse odorante,Pyrrha, qui, dans le fond d’une grotte charmante,Sur un tapis de fleurs, vous presse dans ses bras ?Pour lui vous relevez cette boucle flottante ;Pour lui vous affectez, en ornant vos appâts,Une négligence élégante.
Hélas ! qu’il va pleurer quand, trahi par les Dieux,Abandonné de vous et battu par l’orage,Pour la première fois il verra le naufrage,Lui qui, trop jeune encore et déjà trop heureux,Pense vous voir toujours favorable à ses vœux,Toujours tendre et jamais volage !
Malheureux le mortel de vos charmes épris,Qui vous crut un instant sincère autant que belle !J’en fis moi-même, hélas ! l’épreuve trop cruelle.Mais par mes vœux enfin les cieux furent fléchis,Et j’ai de mon vaisseau consacré les débrisAu Dieu de cette onde infidèle.
18 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres d’Horace, Paris, Levrault, Schoell et Cie, 1804· numérisation espace-horace.org· Sources