Œuvres d’Horace, 1796· LIVRE Ier
ODE XVIII. À Quintilius varus
Sur la colline agréableDe Tibur, de Catilus,N’élevez, poète aimable,Que l’arbre cher à Bacchus.Les Dieux se montrent sévèresPour ceux qui ne boivent pas :Mais qui craint, parmi les verres,La misère ou les combats ?Dieux de Gnide et de la treille,C’est vous qu’implore un buveur.Eh ! qui mieux que la bouteilleBannit le souci rongeur ?Mais n’usons qu’avec sagesseDes doux présents de ces Dieux.Les Centaures dans l’ivresseEnsanglantèrent leurs jeux.Les Thraces dans une orgieVirent Bacchus irritéPunir ce délire impiePar qui rien n’est respecté.Dieu, ne crains pas que je veuilleSonder tes divins secrets,Ni faire tomber la feuilleQui cache certains objets.Point de tambour, de trompette,De sistre ni de clairon :Ce bruit, qui nous rompt la tête,Nous fait perdre la raison,Inspire l’orgueil stupideEt ce babil indiscret,Qui, comme un cristal limpide,Laisse voir notre secret.
32 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres d’Horace, Paris, Levrault, Schoell et Cie, 1804· numérisation espace-horace.org· Sources