Œuvres d’Horace, 1796· LIVRE Ier
ODE XVII. À Tyndaris
Faune quitte souvent les monts de l’Arcadie,Pour revoir Lucrétile et son bois enchanté ;Il défend mes chevreaux des autans, de la pluieEt des feux de l’été.
Sitôt que des doux sons de sa flûte rustiqueCe Dieu qui me protège a charmé les coteaux,Ou qu’il fait par ses chants des rochers de l’UstiqueRésonner les échos,
La chèvre, impunément errant dans les bocages,Sans craindre ni les loups ni le cruel serpent,Va chercher l’arboisier caché sous les feuillages,Ou le thym odorant.
Tu le vois, Tyndaris, les Dieux aiment mon zèle,L’indulgence des Dieux daigne accueillir mes chants :La terre va t’offrir, à tous nos vœux fidèle,Ses plus riches présents.
Ici, dans ce vallon qu’habite le zéphire,Tu pourras, sur le luth du vieillard de Téos,Célébrer Pénélope et Circé qui soupirePour le même héros.
Ici, le vin léger que donne MytilèneViendra sous une treille égayer nos repas.Nous ne verrons point Mars et le fils de SilèneSe livrer des combats.
Ne crains pas qu’en ces lieux, outrageant ta faiblesse,L’impatient Cyrus, de jalousie épris,T’arrache ta couronne et de sa main traîtresseDéchire tes habits.
28 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres d’Horace, Paris, Levrault, Schoell et Cie, 1804· numérisation espace-horace.org· Sources