Œuvres d’Horace, 1796· Livre Ii
ODE XI. À Quintius Hirpinus
Que nous importent les desseinsQue forment le Scythe barbareOu les Cantabres inhumains,Puisque la mer nous en sépare ?Ne nous donnons pas tant de soinsPour prévenir tous les besoinsD’une vie, hélas passagère !Le sommeil fuit nos tristes yeux ;Les grâces, l’amour et les jeuxS’envolent d’une aile légère.
Les fleurs ne brillent pas toujours,Et l’astre même de DianePâlit vers la fin de son cours.N’allez point d’un regard profaneSonder les éternels décrets :Venez plutôt goûter le fraisSous cet orme ou sous ce beau plane,Et buvant avec nos amis,Répandons sur nos cheveux grisDes fleurs et le nard d’Ecbatane.
Bacchus dissipe les chagrins.Enfants, qui de vous au plus viteFera rafraîchir ces bons vins,Dans cette eau qui se précipite ?Qui de vous nous amèneraLa complaisante Nééra ?Cours, vole, dis-lui qu’elle vienneAvec son luth harmonieux,Et relevant ses beaux cheveuxComme les femmes de Mycène.
30 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres d’Horace, Paris, Levrault, Schoell et Cie, 1804· numérisation espace-horace.org· Sources