Œuvres d’Horace, 1796· Livre Ii
ODE VI. À septime
Vous juriez de me suivre aux rivages désertsDu Cantabre indocile et de la Béturie,Et jusqu’aux sables de Syrie,Où bouillonne en grondant l’onde noire des mers :
Fatigué par de longs voyages,Par les combats et les naufrages,J’irai dans Tivoli ; que ses bosquets charmantsSoient l’asile de mes vieux ans.
Si le courroux des Dieux à ce dessein s’oppose,J’irai voir les beaux champs que le Galèse arrose,Où Phalante régnait, où de limpides eauxAbreuvent les troupeaux.
Plus que tout l’univers j’aime cette retraite :L’abeille y cueille un nectar aussi douxQue le miel odorant dont se vante l’Hymette,Et de mes oliviers le Vénafre est jaloux.
Les Dieux des aquilons y calment la furie ;C’est du printemps le fortuné séjour,Et, grâces à Bacchus, les coteaux d’alentourAu Falerne orgueilleux ne portent point envie.
Venez, ces monts, ces bois, mon cœur, tout vous convie :O mon cher Septime, c’est làQue vos pleurs couleront sur la cendre endormieDu poète qui vous aima.
24 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres d’Horace, Paris, Levrault, Schoell et Cie, 1804· numérisation espace-horace.org· Sources