Œuvres d’Horace, 1796· Livre Iii
ODE XVIII. Au dieu faune
O toi qui d’un pied légerPoursuis les nymphes timides,Si tu viens dans mon verger,Faune, daigne protégerMes troupeaux, mes champs arides.
Quand je revois le printemps,Je verse un nectar bachiqueQui ranime les amants ;Un agneau tombe, et l’encensCouvre ton autel antique.
Pour ta fête, en ce hameauQuand Décembre la ramène,Tout célèbre un jour si beau,L’agneau joue, et le taureauSe repose dans la plaine.
Les loups, amis des troupeauxQui ne craignent plus leur rage,Bondissent près des chevreaux ;Les bois, courbant leurs rameaux,Sèment de fleurs ton passage.
Du laboureur de ces lieuxLe transport naïf éclatePar des ris tumultueux ;Il danse, et d’un pied joyeuxFrappe cette terre ingrate.
25 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres d’Horace, Paris, Levrault, Schoell et Cie, 1804· numérisation espace-horace.org· Sources