Œuvres d’Horace, 1796· LIVRE Ier
ODE XXXIII. Au poète Tibulle
Cher Tibulle, calmez l’excès de vos douleurs,Oubliez la fierté de l’ingrate Glycère ;N’allez point dans vos vers soupirer vos malheurs,S’il est un jeune amant que son cœur vous préfère.
La charmante Chloé brûle pour Calaïs,Calaïs pour Lidé ne fut point invincible ;Mais les loups ravisseurs s’uniront aux brebis,Avant qu’un tel amant rende Lidé sensible.
Ainsi Vénus se fait un barbare plaisirD’unir sans choix des cœurs malheureux l’un par l’autre,Et sous son joug d’airain elle veut asservirAu cœur le plus volage un cœur tel que le vôtre.
Moi-même, quand Doris m’offrait un sort heureux,Je restai dans les fers de l’ingrate Mirtile,Plus rebelle cent fois que les flots écumeuxQui creusent en grondant les bords de la Sicile.
16 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres d’Horace, Paris, Levrault, Schoell et Cie, 1804· numérisation espace-horace.org· Sources