Œuvres d’Horace, 1796· LIVRE Ier
ODE XXXIV. Sur l’existence des dieux
De ces sages trompeurs, dont la voix nous égare,Je n’ai que trop suivi les conseils imprudents ;J’offrais aux immortels d’une main trop avareUn encens sacrilège et d’indignes présents.
Je reviens sur mes pas, il faut changer de route :Jupiter d’un nuage a sillonné les flancs ;Du ciel le plus serein faisant trembler la voûte,Je l’ai vu qui pressait ses coursiers foudroyants.
La masse de la terre et l’empire de l’onde,Et le Styx, et des morts le séjour odieux,Tout en est ébranlé jusqu’aux bornes du monde :Notre destin fragile est dans la main des Dieux.
Le sort peut abaisser une tête insolente,Illustrer l’homme obscur, ternir un nom fameux,Et pour porter ailleurs sa faveur inconstante,Disperser les débris d’un pouvoir orgueilleux.
16 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres d’Horace, Paris, Levrault, Schoell et Cie, 1804· numérisation espace-horace.org· Sources