Œuvres d’Horace, 1796· Épodes
ODE VII. Aux romains
Peuples, où courez-vous ? où courez-vous, impies ?Pourquoi ces glaives nus brillent-ils dans vos mains ?Les terres et les mers ne sont que trop rougiesDu sang des malheureux Romains.
Ce sang n’a point coulé pour livrer au pillageLes orgueilleux remparts de l’Africain jaloux,Ou pour voir dans nos fers, conduits vers ce rivage,Ces Bretons qui bravent nos coups.
Les loups contre les loups n’exercent point leur rage ;Mais Rome, plus stupide et plus féroce qu’eux,A déchiré son sein, et du Parthe sauvageElle-même a rempli les vœux.
Barbares ! quel remords, quel sort fatal vous guide ?Est-ce un délire affreux ? Parlez, répondez-moi.Ils pâlissent : tout garde un silence stupide ;Ils demeurent glacés d’effroi.
Oui, Rome des destins subit la loi sévère ;L’innocence est vengée, et le sang malheureuxQue versa Romulus en égorgeant son frère,Doit retomber sur ses neveux.
20 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres d’Horace, Paris, Levrault, Schoell et Cie, 1804· numérisation espace-horace.org· Sources