Œuvres d’Horace, 1796· Livre Iii
ODE XXX. « Le noble monument que j’élève à ma gloire »
Le noble monument que j’élève à ma gloire,Durera plus longtemps que le marbre et l’airain.De tous ceux de l’Égypte effaçant la mémoire,Il bravera l’orage et les feux de Vulcain,Du rapide aquilon les fureurs déchaînées,Le temps même ; et pour lui d’innombrables annéesS’écouleront en vain.
De moi-même à jamais la plus noble partieBravera de Pluton le pouvoir odieux ;Sans mourir tout entier je quitterai la vie :Mon nom toujours plus grand croîtra chez nos neveuxTant que Rome verra la vestale en silenceSuivre, les yeux baissés, le prêtre qui s’avanceAux pieds du roi des Dieux.
Sur les bords où Daunus agrandit sa puissance,Des sources de l’Aufide au rivage des mers,On dira que, malgré mon obscure naissance,Le premier sur le luth je modulai des vers.Conçois le noble orgueil que le triomphe inspire,Et viens ceindre mon front, Déesse de la lyre,De lauriers toujours verts.
21 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres d’Horace, Paris, Levrault, Schoell et Cie, 1804· numérisation espace-horace.org· Sources