Œuvres d’Horace, 1796· Livre Iii
ODE XXIII. Phidylé
Pieuse Phidylé, toi qui vis dans les champs,Si, lorsque de Phœbé l’éclat se renouvelle,Tu lèves des bras suppliants ;Si tes Dieux Lares pour présentsReçoivent de ta main fidèleLes fruits de l’année et l’encens,Et l’avide animal que tu nourris de glands ;Des autans la funeste haleineRespectera tes arbrisseaux,Rien ne viendra flétrir tes épis dans la plaine,Et tu verras l’automne épargner tes troupeaux.
Que les prêtres des Dieux sous les sacrés couteauxFassent tomber les superbes génissesQu’Albe nourrit sur ses coteaux ;Le ciel n’exige point le sang de tes agneaux,Et ce n’est point à toi de te rendre propicesPar ces onéreux sacrificesTes petits Dieux couronnés de rameaux.Embrasse les autels avec des mains pieuses ;Porte l’orge sacré, fais pétiller le sel :Ces présents fléchiront la colère du ciel,Mieux que des offrandes pompeuses.
22 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres d’Horace, Paris, Levrault, Schoell et Cie, 1804· numérisation espace-horace.org· Sources